Mettons fin aux privilèges fiscaux des journalistes

Tous les Français sont censés être "égaux" devant l’impôt. L’article 13 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen rappelle que les impôts "doivent être également répartis entre tous les citoyens en raison de leurs facultés". Voilà, le principe inscrit dans notre constitution, mais en réalité, certains bénéficient de passe-droits très avantageux, c’est le cas des journalistes. Ces derniers bénéficient encore aujourd’hui d’une "niche fiscale" créée en 1934.

Une déduction d’impôt corporatiste coûteuse pour les contribuables !

Inscrite à l’article 81 du code général des impôts, cette disposition permet aux journalistes de déduire directement 7 650 euros de leur revenu imposable pour « les frais inhérents à leur fonction ». Peu importe que l’activité de journaliste soit exercée à temps plein ou à temps partiel ! Peu importe que le journaliste soit détenteur d’une carte de presse ou non !

Concrètement, un journaliste gagnant 3 000 euros par mois verra, grâce à ce dispositif, le montant de ses impôts être divisé par près de deux. Il ne paiera que 2125 € d’impôts par an, alors qu’un autre contribuable avec les mêmes revenus que lui sera imposé à hauteur de 4 153 euros. Le manque à gagner pour l’Etat est, dans cet exemple, de 2028 € par journaliste.

Un privilège qui n’a plus de justifications !

A l’origine, cette mesure se justifiait en raison de l’impossibilité pour la plupart des journaux français d’après guerre de disposer des ressources financières suffisantes pour rembourser l’intégralité des frais professionnels. Dans ce contexte, l’Etat a accepté d’assumer ces défraiements.

Cependant, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les conditions salariales des journalistes ont évolué. Désormais, les frais professionnels de la plupart d’entre-eux sont pris en charge par leurs journaux. Les journalistes peuvent donc cumuler les remboursements effectués par leur entreprise et celui de l’Etat !

Une garantie anti-contrôle fiscal

Ce double remboursement est d’autant plus scandaleux que l’article 81 du Code général des impôts précise que les frais professionnels des journalistes « sont toujours réputés utilisés conformément à leur objet et ne peuvent donner lieu à aucune vérification de la part de l’administration ». Cela veut donc dire que les défraiements de journalistes ne peuvent faire l’objet d’aucun contrôle fiscal !

Et les journalistes en veulent plus : -40% d’impôts pour usage de mascara !

Dernièrement, les journalistes de l’audiovisuel ont réclamé le droit à un abattement fiscal de 40 % de leur revenu, dont 10% au titre du remboursement des « frais esthétique ». Pour reprendre notre exemple d’un journaliste gagnant 3 000 euros par mois, si cette mesure était appliquée, il ne paierait plus que 1 180 euros d’impôts soit 2 973 euros de moins qu’un autre contribuable disposant des mêmes revenus...
Les stars du JT apprécieront cette attention. Les mieux payés de nos "stars du petit écran" profiteront d’un cadeau fiscal pouvant atteindre 80 000 euros.

Signez la pétition !

Durant la campagne présidentielle, François Hollande a reçu des représentants syndicaux de journalistes et n’a écarté aucune de leurs revendications. Cela explique sans doute la bienveillance d’une grande partie des médias vis-à-vis de sa campagne.

Alors que le nouveau gouvernement s’apprête à élaborer une loi de finance rectificative prévoyant des augmentations d’impôts et la suppression de nombreuses "niches fiscales" dont certaines bénéficient aux familles, nous exigeons de Pierre Moscovici, le nouveau ministre de l’économie, des finances et du commerce extérieur qu’il mette fin à ces privilèges exorbitants qui bénéficent aux seuls journalistes.

Si vous pensez donc qu’en période de crise il est anormal que les membres d’une corporation donneuse de leçons en matière de solidarité bénéficient d’une niche fiscale aussi avantageuse, signez cette pétition pour exiger sa suppression.

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